dimanche 14 novembre 2010

De Cascais à Madère… ou autre !

(« Ou autre » car à notre grande surprise c’est au Maroc que nous avons atterri. Ce n’était pas vraiment prévu au programme mais l’intérêt d’avoir un programme c’est aussi de pouvoir le changer et puis il faut dire que dans la voile… on ne fait pas toujours ce qu’on veut !)

Mercredi 10 novembre nous avons quitté notre petit coin de Côte d’Azur Portugaise en début d’après midi, le lendemain d’un gros coup de vent qui a mis la digue du port à rude épreuve.

La météo annoncée n’est pas exceptionnelle, aujourd’hui nous devrions avoir un bon vent mais accompagné d’importantes vagues suite aux conditions de la veille. Jeudi le vent devrait diminuer petit à petit pour arriver à une journée de « pétole » totale vendredi, puis il revient de plus en plus fort jusqu’à lundi, jour ou l’on devrait arriver à Madère.
Les conditions sont donc loin d’être idéales, il faudra être patient car la route sera plus longue que prévue, mais nous n’avons pas le choix, nous devons avancer car nous sommes attendus dans 10 jours aux Canaries et cela commence à être compromis…
Au final, pour cette première journée de navigation, nous avons eu quelques creux au départ mais rien de dramatique et un vent acceptable dans l’après-midi mais qui nous a complètement abandonné à la tombée de la nuit. Ce début de traversée marque également le passage des 1000 milles parcourus depuis notre départ qui remonte à 4 semaines, déjà !
Il est 3H UTC, nous avons à peine 5 nœuds de vent et nous avançons à 1 nœud, 1.2 nœuds, 1.4 nœuds, 2 nœuds (Ah non, celui là je l’ai rêvé !)… Nous avions décidé de faire des points de notre position sur la carte toutes les 3 heures mais notre carte est à si grande échelle que les points se chevauchent presque ! C’est déprimant ! A ce rythme nous serons à Madère pour Noël…
Au petit matin nous entrons dans une longue période de pétole ! Cela était bien annoncé mais pas si tôt ! Nous affalons les voiles qui souffrent trop dans le roulis, patientons un peu en se laissant bercer puis lorsque que nous voyons que nous reculons plus qu’autre chose nous démarrons le moteur ! S’en suivent 24 heures non stop au moteur… beurk…





Puis le vent revient un peu, puis il repart, puis revient… Nous alternons petites périodes à la voile suivies de longues périodes au moteur. L’avantage est que nous n’avons pas de souci d’énergie, nous en profitons donc pour tester les instruments électroniques (radars…) que nous n’avions pas encore mis en marche, ne nous privons pas d’ordinateur, films, musique… Nous avons même pu allumer le barbecue pour faire griller la pêche du jour ! Il faut bien trouver des avantages à l’absence de vent… L’inconvénient c’est que nous ne pourrons pas atteindre Madère à ce rythme, nous n’aurons jamais assez de carburant et pas suffisamment de temps pour patienter en attendant le vent. De plus lorsqu’il est la, il nous porte vers le Maroc… C’est donc la que nous ferons escale !
D’après le Bloc Marine (livre recensant les ports de l’Atlantique), nous ne pouvons accoster au Maroc uniquement dans un port pourvu d’un bureau de douane et de police pour faire la déclaration d’entrée dans le pays. Nous mettons le cap sur le port de Mohammedia, juste au dessus de Casablanca. Il semble disposer des infrastructures dont nous avons besoin pour pouvoir faire les pleins avant de repartir.
Nous sommes samedi, il est 16H UTC, le petit déjeuner de demain devrait être accompagné de thé à la menthe ! Nous pourrons passer seulement 1 journée la bas, un peu juste pour faire les touristes… Le temps de faire le plein de carburant, reprendre la météo en espérant que cette fois ci elle nous soit favorable, nous reposer un peu et nous repartirons lundi matin en direction des Canaries. Nous devons y être samedi prochain, si le vent ne nous aide pas cela sera dur, très dur…
Un nouveau coup dur arrive, cette fois ci c’est le régulateur d’allure qui vient de lâcher… Nous naviguons soit avec le pilote automatique, instrument qui suit un cap donné, il est fiable et ne nous a jamais fait défaut (pour l’instant…) mais il consomme beaucoup d’énergie, soit avec le régulateur d’allure qui lui, suit le vent et à l’avantage de ne pas consommer d’énergie. Pour l’instant nous l’avons très peu utilisé car nous avons toujours été dans des configurations de vent instable, donc ingérable avec cet instrument, nous avons uniquement fait quelques tests. Nous comptions sur lui pour la traversée de l’Atlantique où le vent est stable et ne tourne pas sans cesse comme ici. Mais toute la partie immergée du régulateur qui est fixé à l’arrière du bateau a rompu est doit dériver quelque part dans l’Atlantique (avis de recherche aux navigateurs… si quelqu’un le trouve…). Nous avions pu gérer nos petites avaries au port de Cascais (casse du support de l’alternateur et remise en route du guindeau (moteur qui sert à remonter l’ancre du mouillage) qui ne fonctionnait plus) et en voila une nouvelle ! Il y a toujours à faire sur un bateau ! Quoi qu’il en soit, nous devrons trouver une solution aux Canaries. Il est difficile d’envisager la grande traversée uniquement avec le pilote automatique, sans solution alternative si jamais lui aussi nous lâche… Sébastien lors du retour de son premier voyage aux Antilles s’est retrouvé avec son ami Yann dans cette situation. Ils avaient uniquement un régulateur d’allure, pas de pilote auto. Celui-ci a cédé quelques jours après le départ. Ils ont donc du tenir la barre sans relâche pendant les 15 jours qui ont suivis en se relayant sur un rythme de quart de 5 heures. Cela me semble inhumain !
Nos journées de navigations sont plutôt bien réglées. En général le matin une fois que nous sommes tous les 2 réveillés nous faisons des petits travaux d’entretien, de couture (si mes grands-mères m’avaient vu essayer de recoudre une bâche moi qui n’ai jamais voulu écouter leurs conseils, elles rigoleraient bien !), on déjeune ensemble (souvent le seul repas partagé de la journée) puis Sébastien part pour une sieste. Il se réveil en fin d’après midi et on prend le temps soit de regarder un film ensemble ou de faire une partie d’échec ou autre jeu, ou on prépare le prochain message du blog. Puis je pars me coucher à mon tour. On échange nos places aux alentours de minuit, jusqu’à 5 ou 6 heures. Puis Sébastien me remplace à nouveau (enfin si je ne l’ai pas réveillé avant à cause d’un bateau qui nous « fonce » dessus ou autre petite panique comme des dauphins qui viennent jouer, le jour c’est très beau mais la nuit rien de plus angoissant que ces masses sombres qui se déplacent autour du bateau !). 

Bilan de la traversée :
Nous avons parcourus 338 milles en 4 jours (dont 56 heures de moteur).
Nous sommes arrivés à Mohammedia dimanche 14 novembre à 10h30. La température approche les 23 degrés et ça, c’est chouette !

mardi 9 novembre 2010

Escale à Cascais

Vue du port de Cascais


Nous avons profité de ces quelques jours de visite familiale pour se balader aux alentours de Cascais.


"Castelo dos Mouros" vue d'en bas...



Un plaisancier croisé à la laverie du port, nous recommande de nous rendre à Sintra. Et oui, « radio ponton » fonctionne aussi ici. Nous y avons découvert une sublime région pleine de forêts, et de châteaux par dizaine ! On a trouvé le pays des princesses ! Parmi tous ces beaux monuments, nous avons choisi de visiter le « Castelo dos Mouros », château des morts pour Sébastien…. des Maures pour les autres ! Nous voilà parti à grimper le long de cette montagne pour atteindre ces incroyables ruines et se balader le long de cet immense chemin de ronde en prenant bien soin de monter à chaque tour pour admirer la vue sur la vallée. Cette marche en forêt a été un prétexte pour Sébastien pour changer d’orientation, il a délaissé les poissons pour se mettre à la cueillette des champignons ! Pour un marin ça change !





Nous nous sommes ensuite rendu au « Cabo da Roca », cap que nous avions franchi de nuit lors de notre dernière navigation. La vue est différente d’ici ! Ce cap représente surtout le point le plus à l’ouest de l’Europe, finalement on a touché le « bout » du monde plus tôt que prévu !
 

 



Le lendemain nous avons profité de la ville de Lisbonne avec ses petites ruelles, ses tramways typiques bien plus sympathiques que le métro parisien, ses monuments…





 


 


 

Pour résumer, voici ce que nous retiendrons de notre séjour au Portugal :
-          Nous avons été très très surpris par la beauté de ce pays, la variété de ses paysages (d’immenses plages au nord, une côte plus escarpée au sud) et surtout le nombre incroyable de ses monuments tous plus beaux les uns que les autres.
-          Nous avons également été très surpris pas l’accueil et la gentillesse que nous ont réservés les Portugais. Certaines personnes nous ont apportées de l’aide vraiment naturellement. Les gens ici sont d’une grande générosité.
En bref, pour nous le Portugal a été une belle surprise et une belle découverte. C’est un pays qui vaut le coup, vraiment !
Nous pensons reprendre notre route demain. Le vent annoncé n’est pas très favorable, souvent absent et très instable… mais nous sommes un peu pressé par le temps, nous ne pouvons pas attendre plus ici. Nous espérons arriver à Madère lundi mais si le vent en décide autrement nous passerons peut-être notre route pour se rendre directement aux Canaries… L’avenir nous le dira !

vendredi 5 novembre 2010

De Porto à Lisbonne… Partie 2

Après 5 jours de « détention » à Figueira da Foz, nous avons enfin eu l’autorisation de quitter le port  mardi 2 novembre au matin. Le vent s’étant enfin calmé, le personnel du port à pu commencer à travailler pour dégager l’épave. Nous sommes passés à côté d’eux, toujours escortés par la police, et avons pu les voir fixer des sortes de gros ballons à l’épave, surement dans l’idée de la déplacer. Au large de nombreux bateaux de pêcheurs approchent, ils ont probablement reçus le signal par radio que l’accès était enfin autorisé. Au final, nous avons été chanceux de rester bloqués à l’abri pendant les 2 jours de tempête car pour eux ça a du être moins sympathique !


Nos premiers visiteurs, mes chers parents, devaient nous retrouver le jour même à Lisbonne. Ce petit contre temps nous ayant faire prendre pas mal de retard, le rdv est donc fixé au port de Nazaré, dernière étape prévue avant Lisboa.
Nous sommes arrivés à Nazaré après 8 belles heures de navigation. Pour la première fois depuis longtemps nous n’avons pas eu à mettre en marche le moteur de la journée ! Le vent, suffisant, nous a emmené tout au long du parcours.  

L’arrivée au port à eu lieu après la tombée de la nuit et nous avons eu le droit à un sympathique comité d’accueil le long de la digue : appels de phare, grands cris…
Le lendemain nous avons pu profiter d’une belle matinée de balade dans la ville. Nazaré est une très jolie petite ville balnéaire, avec une agréable plage, d’immense falaise, son marché typique et surtout les femmes vêtues de la tenue locale : un empilement de court tablier qui leur donne l’air d’avoir un tour de taille disproportionné par rapport aux jambes !


Tenue locale : on est FAN !



Vue du marché


Atelier séchage du poisson, c'est impressionnant !



Une bonne raclette française dans le ventre (cela faisait partie d’un de nos caprices rapporté de chez nous !) et nous voila repartis ! Nous avons quitté le port vers 15h pour arriver le lendemain matin à l’aube à Cascais, petit port réputé charmant, juste avant la ville de Lisboa.
Nous sommes partis avec 1 ris dans la Grand-voile et 2 dans le génois. Cela faisait longtemps que nous n’avions pas eu besoin de réduire autant la voilure. Le vent est pour l’instant parfait ! Nous faisons une moyenne de 6,7 nœuds au grand largue (allure à 45° du vent arrière)… mais ne nous réjouissons pas trop, nous avons l’habitude ici de voir le vent nous abandonner d’un coup ! Il est 19h30 UTC, nous voila enfin vraiment en route vers Lisbonne !
Le vent nous a abandonné au petit matin, vers 4h30, juste avant l’approche du port de Cascais. Nous avons bien marché toute la nuit du coup nous sommes finalement arrivés un peu plus tôt que prévu.
Mes parents nous ont rejoint dans l’après midi, nos petites visites dans la région feront l’objet d’un prochain message...

samedi 30 octobre 2010

De Porto à Lisbonne… la route est longue…

Nous avons quitté notre petit mur en plein centre de Porto mercredi 27, à l’aube. Nous avions décidé de tenter une longue navigation dans la journée pour arriver le soir à Figueira da Foz. 12h devraient être suffisantes, si le vent nous accompagne nous y serons à la tombée de la nuit.
Malheureusement, après plusieurs heures de patience au moteur, aucun vent ne se lève. Cela ne fait rien, ça ira mieux demain avec un peu de chance… Vers 14h nous envisageons une solution de repli, on met le cap vers le port d’Aveiro. Il semble y avoir une grande station balnéaire, avec un peu de chance un port de plaisance et nous voila partis à rêver d’une bonne douche et d’une fin d’après midi agréable en bord de plage.
Mais au Portugal rien ne se passe comme dans nos rêves ! Nous trouvons effectivement un grand port… de pêcheurs, encore une fois, et bien loin de la ville ! Et nous voila à nouveau à nous amarrer comme on peut, le long d’un mur envahi par les mouettes… La douche ne sera toujours pas pour ce soir, pas grave, faisons chauffer un peu d’eau pour remplacer et aïe… cette fois ci le réservoir de la cuisine est vide… Il nous en reste encore un peu dans celui de la salle de bain mais désormais il faut économiser. Pour couronner le tout, on entend l’éolienne se mettre en marche, alors qu’elle est restée silencieuse toute la journée, le vent vient de se lever….grrrr
Il nous en faut plus pour nous démoraliser. Le point positif c’est qu’avec toutes les heures de moteur faites dans la journée les batteries sont rechargées donc pas de problème niveau énergie ! Et puis il doit bien y avoir quelque chose à voir autour de ce port alors sortons nous balader. Malheureusement le port donne l’air d’une zone industrielle complètement fermée par des barbelés, impossible de trouver la sortie et la zone est immense ! A force d’errer, un portugais vient à notre rencontre. Il nous propose de nous déposer en voiture à la ville la plus proche pour qu’on puisse visiter un peu.
Les plages sont très belles, la ville plutôt déserte en cette saison mais quelques cafés sont encore ouverts. Nous avions pris un ordinateur au cas où… avec un peu de chance on trouvera internet. Mais encore une fois la chance n’est pas avec nous. Un jeune garçon de café rigole en nous entendant prononcer le mot « wifi », il nous dit qu’au Portugal ce n’est pas comme en France, pour trouver internet il nous conseille d’aller dans une autre ville… Il nous indique une station de taxis pour pouvoir rentrer mais bien sûr aucun taxi en vue en cette saison ! Au final nous avons beaucoup marché, fait un peu de stop, avons passé la guérite de contrôle de la police à l’entrée du port en nous cachant, et sommes bien arrivés au bateau ! Ce soir c’est officiel, nous sommes des AVENTURIERS !!!!
   
Bateau en vue !!!
Le lendemain nous avons repris la route en priant le vent… Il est 18 heures, nous ne l’espérons plus ! Nous approchons du port de Figueira da Foz. Qu’allons-nous trouver ce soir ? Un peu d’eau ça serait chouette ! Nous avons vu un voilier (premier voilier que nous croisons le long des côtes Portugaises) qui semble faire la même route que nous, peut-être ne serons nous pas seuls parmi les pêcheurs ce soir, peut-être que cela signifie qu’il y a vraiment un port ? Nous commençons à croire qu’ici le mot « plaisance » est inconnu et que les bateaux sont uniquement pour la pêche.
 
Vendredi 29, nos souhaits ont été enfin réalisés ! Un vrai port nous attendait à Figueira da Foz avec des pontons, des douches chaudes…. Cependant, nous avons été accueillis à l’entrée par la police maritime qui nous a escortée car un bateau était entrain de sombrer dans le port. Aujourd’hui nous sommes contents d’avoir passé une bonne nuit mais sommes désormais pris en otage dans ce lieu tant rêvé ! Dans la nuit, le vent a dérouté l’épave et il bloque totalement la sortie, impossible de s’échapper ! De plus la météo s’en mêle et de violents coups de vents sont annoncés pour les jours à venir. Nous sommes attendus à Lisbonne mardi… cela semble très compromis… affaire à suivre !

Petite balade à l'entrée du port de Figueira




Position actuelle


Escale à Porto – 26 octobre

Quelques photos en « vrac » de la ville de Porto. Nous vous passons les commentaires touristiques (nous n’y avons passé qu’une seule journée) mais pour l’instant c’est notre escale préférée. Nous avons beaucoup aimé le charme de cette ville, ses monuments, ses petites rues… Si nous n’étions pas un peu pressé par le temps (mais aussi si nous avions une douche à disposition…), nous y serions resté un peu plus peut-être !
Vue de notre carré

  
Vues du cockpit


 
Nos voisins