lundi 22 novembre 2010

Du Maroc aux Canaries

Escale à Mohammedia : 24h chrono !
Nous avons passé un peu plus de 24h au Maroc avec comme objectif d’en voir un maximum ! A peine arrivés, nous voulions partir à l’aventure mais le responsable de la capitainerie nous a expliqué que nous devions d’abord attendre la visite de la police, puis de la gendarmerie maritime puis des douanes… Chaque autorité doit se présenter au bateau avant que l’on puisse s’en aller… Au bout de 2h, les formalités terminées nous avons enfin pu partir à la recherche de nos passeports emportés par la gendarmerie et de notre permis d’escale pour aller se balader. Bref, ce fut un accueil très chaleureux et sympathique, il ne faut juste pas être trop pressé !

Nous voilà donc à la découverte de la petite ville de Mohammedia. Nous trouvons dans  le vieux centre, La Kasbah, un marché local plutôt animé car nous ne le savions pas mais nous sommes à quelques jours d’une grande fête pour le pays. Mercredi aura lieu une journée de festivités pendant laquelle des milliers de moutons seront sacrifiés dans tout le Maroc. Les gens se préparent à cette journée, parmi les marchands de fruits et légumes il y a donc tout un commerce autour de cette fête : matériel de barbecue, charbon de bois… Des tentes sont dressées dans la ville avec des moutons de partout. Les enfants viennent les admirer et jouer avec avant le grand jour ! On a pas vraiment saisi l’origine de cette fête et ce qui va autour mais tout ce qu’on sait c’est que ce jour là il ne fait pas bon d’être un mouton au Maroc !

Le tour de la ville est assez vite fait, nous décidons donc de nous rendre à la gare ONCF, qui par chance ici n’est pas en grève…, pour nous rendre à Casablanca. Nous y sommes en fin d’après midi et partons errer dans cette ville. Il aura fallu quelques mètres pour nous trouver immergé dans un immense souk plein de couleurs.
Quelques achats plus tard, nous finissons notre « plein » de ce qui représente pour nous les stéréotypes gustatifs de ce pays, après le tajine et les boulettes de keftas du midi nous poursuivons avec le thé à la menthe et un succulent couscous dans un restaurant berbère.
Nous dénichons un taxi pour rentrer au port, plus de train à cette heure, et la encore nous avons une belle démonstration de savoir faire, les chauffeurs de taxi se sont mis à 5 pour pousser notre voiture et la faire démarrer ! Le retour s’est toutefois bien passé et nous sommes arrivés à bon port, épuisés !
Les problèmes de moteur, on connait ça nous aussi !!

Cap sur les îles Canaries
Nous sommes repartis le lendemain, lundi 15 novembre, en début d’après midi, après s’être occupés de Mougika. Plus de 500 milles nous attendent et nous avons rdv avec la maman de Sébastien samedi en fin d’après midi au sud de l’île de Tenerife. Cela semble possible si le vent est avec nous mais rien n’est gagné !
Les 2 premiers jours nous avons eu une mer plutôt agitée. Nous avons essuyé un bon coup de vent et nous sommes bien faits secoués ! La vitesse moyenne est plutôt bonne mais malheureusement le cap n’est pas direct, ce qui nous oblige à parcourir plus de distance. Mercredi le vent se calme pour devenir presque inexistant. On avance un peu au moteur pour rattraper du cap mais il faut que le vent revienne… Cette petite accalmie nous permet surtout de nous reposer enfin. Pendant notre escale au Maroc nous n’avons pas vraiment récupéré et les conditions du début de la navigation ne permettaient pas de pouvoir dormir paisiblement. Nous tombons comme des masses chacun notre tour en attendant le vent !

Lever du soleil à environ 100M de Tenerife
Il revient jeudi, puis repart, pour se stabiliser vendredi en fin de journée dans une meilleure direction  ce qui est plutôt une bonne nouvelle ! Nous avons toutefois perdu beaucoup de temps, nous n’arriverons pas à destination avant dimanche midi d’après nos estimations.
Cette traversée marque la pêche de notre première daurade. Cela tombe bien nous n’avons plus beaucoup de produits frais. C’est un poisson vraiment sublime quand il sort de l’eau. Une fois mort il perd petit à petit toutes ses belles couleurs.
Ce soir c'est sushi !!
Et comme chaque traversée est accompagnée d’au moins une avarie, cette fois ci nous avons eu notre compte avec le moteur ! D’abord il ne voulait plus refroidir, ensuite il y a eu une importante fuite d’huile, heureusement rapidement identifiée et réparée, et nous nous sommes rendu compte que la pièce que nous avions fait ressouder à Cascais est déjà en train de se fendre à nouveau ! Nous attendons avec impatience cette longue escale aux Canaries pour remettre à jour tout ça !
Il est samedi 19h, nous venons d’assister à un sublime coucher de soleil accompagné de dizaines de dauphins, cela faisait longtemps que nous n’en avions pas vu. Nous commençons à distinguer la côte et le sommet de Tenerife, le Teide, par delà les nuages.

Coucher du soleil sur Tenerife

Nous sommes arrivés dimanche vers 11h30 à la Marina San Miguel, au sud de l’île. Nous avons enfin retrouvé la maman de Sébastien qui va nous accompagner pendant 2 semaines à la découverte de ces îles. Il fait environ 25 degrés et la température de l’eau est supérieure à 23° !

Arrivée à la Marina San Miguel


Le petit calin après une bonne douche c'est mieux !

Bilan de la traversée
Nous avons parcourus 621 milles en 6 jours. Il s’agit de notre plus longue navigation pour le moment.

dimanche 14 novembre 2010

De Cascais à Madère… ou autre !

(« Ou autre » car à notre grande surprise c’est au Maroc que nous avons atterri. Ce n’était pas vraiment prévu au programme mais l’intérêt d’avoir un programme c’est aussi de pouvoir le changer et puis il faut dire que dans la voile… on ne fait pas toujours ce qu’on veut !)

Mercredi 10 novembre nous avons quitté notre petit coin de Côte d’Azur Portugaise en début d’après midi, le lendemain d’un gros coup de vent qui a mis la digue du port à rude épreuve.

La météo annoncée n’est pas exceptionnelle, aujourd’hui nous devrions avoir un bon vent mais accompagné d’importantes vagues suite aux conditions de la veille. Jeudi le vent devrait diminuer petit à petit pour arriver à une journée de « pétole » totale vendredi, puis il revient de plus en plus fort jusqu’à lundi, jour ou l’on devrait arriver à Madère.
Les conditions sont donc loin d’être idéales, il faudra être patient car la route sera plus longue que prévue, mais nous n’avons pas le choix, nous devons avancer car nous sommes attendus dans 10 jours aux Canaries et cela commence à être compromis…
Au final, pour cette première journée de navigation, nous avons eu quelques creux au départ mais rien de dramatique et un vent acceptable dans l’après-midi mais qui nous a complètement abandonné à la tombée de la nuit. Ce début de traversée marque également le passage des 1000 milles parcourus depuis notre départ qui remonte à 4 semaines, déjà !
Il est 3H UTC, nous avons à peine 5 nœuds de vent et nous avançons à 1 nœud, 1.2 nœuds, 1.4 nœuds, 2 nœuds (Ah non, celui là je l’ai rêvé !)… Nous avions décidé de faire des points de notre position sur la carte toutes les 3 heures mais notre carte est à si grande échelle que les points se chevauchent presque ! C’est déprimant ! A ce rythme nous serons à Madère pour Noël…
Au petit matin nous entrons dans une longue période de pétole ! Cela était bien annoncé mais pas si tôt ! Nous affalons les voiles qui souffrent trop dans le roulis, patientons un peu en se laissant bercer puis lorsque que nous voyons que nous reculons plus qu’autre chose nous démarrons le moteur ! S’en suivent 24 heures non stop au moteur… beurk…





Puis le vent revient un peu, puis il repart, puis revient… Nous alternons petites périodes à la voile suivies de longues périodes au moteur. L’avantage est que nous n’avons pas de souci d’énergie, nous en profitons donc pour tester les instruments électroniques (radars…) que nous n’avions pas encore mis en marche, ne nous privons pas d’ordinateur, films, musique… Nous avons même pu allumer le barbecue pour faire griller la pêche du jour ! Il faut bien trouver des avantages à l’absence de vent… L’inconvénient c’est que nous ne pourrons pas atteindre Madère à ce rythme, nous n’aurons jamais assez de carburant et pas suffisamment de temps pour patienter en attendant le vent. De plus lorsqu’il est la, il nous porte vers le Maroc… C’est donc la que nous ferons escale !
D’après le Bloc Marine (livre recensant les ports de l’Atlantique), nous ne pouvons accoster au Maroc uniquement dans un port pourvu d’un bureau de douane et de police pour faire la déclaration d’entrée dans le pays. Nous mettons le cap sur le port de Mohammedia, juste au dessus de Casablanca. Il semble disposer des infrastructures dont nous avons besoin pour pouvoir faire les pleins avant de repartir.
Nous sommes samedi, il est 16H UTC, le petit déjeuner de demain devrait être accompagné de thé à la menthe ! Nous pourrons passer seulement 1 journée la bas, un peu juste pour faire les touristes… Le temps de faire le plein de carburant, reprendre la météo en espérant que cette fois ci elle nous soit favorable, nous reposer un peu et nous repartirons lundi matin en direction des Canaries. Nous devons y être samedi prochain, si le vent ne nous aide pas cela sera dur, très dur…
Un nouveau coup dur arrive, cette fois ci c’est le régulateur d’allure qui vient de lâcher… Nous naviguons soit avec le pilote automatique, instrument qui suit un cap donné, il est fiable et ne nous a jamais fait défaut (pour l’instant…) mais il consomme beaucoup d’énergie, soit avec le régulateur d’allure qui lui, suit le vent et à l’avantage de ne pas consommer d’énergie. Pour l’instant nous l’avons très peu utilisé car nous avons toujours été dans des configurations de vent instable, donc ingérable avec cet instrument, nous avons uniquement fait quelques tests. Nous comptions sur lui pour la traversée de l’Atlantique où le vent est stable et ne tourne pas sans cesse comme ici. Mais toute la partie immergée du régulateur qui est fixé à l’arrière du bateau a rompu est doit dériver quelque part dans l’Atlantique (avis de recherche aux navigateurs… si quelqu’un le trouve…). Nous avions pu gérer nos petites avaries au port de Cascais (casse du support de l’alternateur et remise en route du guindeau (moteur qui sert à remonter l’ancre du mouillage) qui ne fonctionnait plus) et en voila une nouvelle ! Il y a toujours à faire sur un bateau ! Quoi qu’il en soit, nous devrons trouver une solution aux Canaries. Il est difficile d’envisager la grande traversée uniquement avec le pilote automatique, sans solution alternative si jamais lui aussi nous lâche… Sébastien lors du retour de son premier voyage aux Antilles s’est retrouvé avec son ami Yann dans cette situation. Ils avaient uniquement un régulateur d’allure, pas de pilote auto. Celui-ci a cédé quelques jours après le départ. Ils ont donc du tenir la barre sans relâche pendant les 15 jours qui ont suivis en se relayant sur un rythme de quart de 5 heures. Cela me semble inhumain !
Nos journées de navigations sont plutôt bien réglées. En général le matin une fois que nous sommes tous les 2 réveillés nous faisons des petits travaux d’entretien, de couture (si mes grands-mères m’avaient vu essayer de recoudre une bâche moi qui n’ai jamais voulu écouter leurs conseils, elles rigoleraient bien !), on déjeune ensemble (souvent le seul repas partagé de la journée) puis Sébastien part pour une sieste. Il se réveil en fin d’après midi et on prend le temps soit de regarder un film ensemble ou de faire une partie d’échec ou autre jeu, ou on prépare le prochain message du blog. Puis je pars me coucher à mon tour. On échange nos places aux alentours de minuit, jusqu’à 5 ou 6 heures. Puis Sébastien me remplace à nouveau (enfin si je ne l’ai pas réveillé avant à cause d’un bateau qui nous « fonce » dessus ou autre petite panique comme des dauphins qui viennent jouer, le jour c’est très beau mais la nuit rien de plus angoissant que ces masses sombres qui se déplacent autour du bateau !). 

Bilan de la traversée :
Nous avons parcourus 338 milles en 4 jours (dont 56 heures de moteur).
Nous sommes arrivés à Mohammedia dimanche 14 novembre à 10h30. La température approche les 23 degrés et ça, c’est chouette !

mardi 9 novembre 2010

Escale à Cascais

Vue du port de Cascais


Nous avons profité de ces quelques jours de visite familiale pour se balader aux alentours de Cascais.


"Castelo dos Mouros" vue d'en bas...



Un plaisancier croisé à la laverie du port, nous recommande de nous rendre à Sintra. Et oui, « radio ponton » fonctionne aussi ici. Nous y avons découvert une sublime région pleine de forêts, et de châteaux par dizaine ! On a trouvé le pays des princesses ! Parmi tous ces beaux monuments, nous avons choisi de visiter le « Castelo dos Mouros », château des morts pour Sébastien…. des Maures pour les autres ! Nous voilà parti à grimper le long de cette montagne pour atteindre ces incroyables ruines et se balader le long de cet immense chemin de ronde en prenant bien soin de monter à chaque tour pour admirer la vue sur la vallée. Cette marche en forêt a été un prétexte pour Sébastien pour changer d’orientation, il a délaissé les poissons pour se mettre à la cueillette des champignons ! Pour un marin ça change !





Nous nous sommes ensuite rendu au « Cabo da Roca », cap que nous avions franchi de nuit lors de notre dernière navigation. La vue est différente d’ici ! Ce cap représente surtout le point le plus à l’ouest de l’Europe, finalement on a touché le « bout » du monde plus tôt que prévu !
 

 



Le lendemain nous avons profité de la ville de Lisbonne avec ses petites ruelles, ses tramways typiques bien plus sympathiques que le métro parisien, ses monuments…





 


 


 

Pour résumer, voici ce que nous retiendrons de notre séjour au Portugal :
-          Nous avons été très très surpris par la beauté de ce pays, la variété de ses paysages (d’immenses plages au nord, une côte plus escarpée au sud) et surtout le nombre incroyable de ses monuments tous plus beaux les uns que les autres.
-          Nous avons également été très surpris pas l’accueil et la gentillesse que nous ont réservés les Portugais. Certaines personnes nous ont apportées de l’aide vraiment naturellement. Les gens ici sont d’une grande générosité.
En bref, pour nous le Portugal a été une belle surprise et une belle découverte. C’est un pays qui vaut le coup, vraiment !
Nous pensons reprendre notre route demain. Le vent annoncé n’est pas très favorable, souvent absent et très instable… mais nous sommes un peu pressé par le temps, nous ne pouvons pas attendre plus ici. Nous espérons arriver à Madère lundi mais si le vent en décide autrement nous passerons peut-être notre route pour se rendre directement aux Canaries… L’avenir nous le dira !

vendredi 5 novembre 2010

De Porto à Lisbonne… Partie 2

Après 5 jours de « détention » à Figueira da Foz, nous avons enfin eu l’autorisation de quitter le port  mardi 2 novembre au matin. Le vent s’étant enfin calmé, le personnel du port à pu commencer à travailler pour dégager l’épave. Nous sommes passés à côté d’eux, toujours escortés par la police, et avons pu les voir fixer des sortes de gros ballons à l’épave, surement dans l’idée de la déplacer. Au large de nombreux bateaux de pêcheurs approchent, ils ont probablement reçus le signal par radio que l’accès était enfin autorisé. Au final, nous avons été chanceux de rester bloqués à l’abri pendant les 2 jours de tempête car pour eux ça a du être moins sympathique !


Nos premiers visiteurs, mes chers parents, devaient nous retrouver le jour même à Lisbonne. Ce petit contre temps nous ayant faire prendre pas mal de retard, le rdv est donc fixé au port de Nazaré, dernière étape prévue avant Lisboa.
Nous sommes arrivés à Nazaré après 8 belles heures de navigation. Pour la première fois depuis longtemps nous n’avons pas eu à mettre en marche le moteur de la journée ! Le vent, suffisant, nous a emmené tout au long du parcours.  

L’arrivée au port à eu lieu après la tombée de la nuit et nous avons eu le droit à un sympathique comité d’accueil le long de la digue : appels de phare, grands cris…
Le lendemain nous avons pu profiter d’une belle matinée de balade dans la ville. Nazaré est une très jolie petite ville balnéaire, avec une agréable plage, d’immense falaise, son marché typique et surtout les femmes vêtues de la tenue locale : un empilement de court tablier qui leur donne l’air d’avoir un tour de taille disproportionné par rapport aux jambes !


Tenue locale : on est FAN !



Vue du marché


Atelier séchage du poisson, c'est impressionnant !



Une bonne raclette française dans le ventre (cela faisait partie d’un de nos caprices rapporté de chez nous !) et nous voila repartis ! Nous avons quitté le port vers 15h pour arriver le lendemain matin à l’aube à Cascais, petit port réputé charmant, juste avant la ville de Lisboa.
Nous sommes partis avec 1 ris dans la Grand-voile et 2 dans le génois. Cela faisait longtemps que nous n’avions pas eu besoin de réduire autant la voilure. Le vent est pour l’instant parfait ! Nous faisons une moyenne de 6,7 nœuds au grand largue (allure à 45° du vent arrière)… mais ne nous réjouissons pas trop, nous avons l’habitude ici de voir le vent nous abandonner d’un coup ! Il est 19h30 UTC, nous voila enfin vraiment en route vers Lisbonne !
Le vent nous a abandonné au petit matin, vers 4h30, juste avant l’approche du port de Cascais. Nous avons bien marché toute la nuit du coup nous sommes finalement arrivés un peu plus tôt que prévu.
Mes parents nous ont rejoint dans l’après midi, nos petites visites dans la région feront l’objet d’un prochain message...